Optimisation de portefeuille : ce que les maths peuvent — et ne peuvent pas — décider
Suivez un calcul de variance minimale et testez sa dépendance aux hypothèses.
Comprendre et gérer le risque d’un portefeuilleIntermédiaire
Modèle illustratif
En termes simples
Les mathématiques ont besoin d’une question
L’optimisation de portefeuille recherche les pondérations qui répondent au mieux à un objectif mathématique donné tout en respectant des contraintes. L’objectif peut porter sur une mesure de risque estimée ; les contraintes définissent les combinaisons autorisées. Le résultat répond à cette question formelle. Il ne peut pas déterminer si la question couvre tout ce qui compte pour une personne ou une institution.
Ici, l’objectif est la variance minimale, c’est-à-dire la minimisation de la dispersion estimée des rendements du portefeuille dans le modèle. La volatilité est la racine carrée de la variance. Aucune des deux mesures ne décrit tous les risques : la liquidité, la perte permanente, l’évolution des relations et les événements extrêmes peuvent nécessiter un examen distinct. Qualifier un portefeuille de variance minimale n’a de sens que par rapport à ses paramètres et à ses contraintes.
Nous utilisons deux actifs fictifs, A et B. Les pondérations doivent être positives ou nulles et leur somme égale à un : le modèle n’autorise que des positions acheteuses, investit la totalité des fonds et n’inclut ni emprunt ni possibilité de détenir des liquidités. Supposons une corrélation nulle entre les rendements des actifs. Elle supprime le terme de covariance dans ce calcul ; elle ne signifie pas que les actifs sont indépendants ou qu’ils ne peuvent pas baisser ensemble.
Exemple détaillé
Modifier une estimation de risque
Supposons initialement que les deux actifs aient une volatilité annuelle de 20 %. Utilisez les paramètres décimaux 0,20 et 0,20, estimés sur une base annuelle cohérente. Avec une corrélation nulle et des risques estimés égaux, les pondérations de variance minimale sont de 50 % dans chaque actif. La variance est 0,5 au carré multiplié par 0,2 au carré, plus le même terme une seconde fois : 0,02.
Prendre la racine carrée donne une volatilité annuelle du portefeuille d’environ 14,14 %. C’est une estimation de modèle, pas une perte maximale possible ni une plage de résultats promise. La baisse par rapport à 20 % découle de l’hypothèse de mouvement conjoint et de la manière dont les pondérations entrent dans la formule de variance.
Modifiez maintenant uniquement l’estimation de volatilité annuelle de A à 30 %, en laissant B à 20 % et la corrélation à zéro. La pondération de A dans le modèle devient 0,04 divisé par 0,13, soit environ 30,77 % ; celle de B est d’environ 69,23 %. Avec les pondérations non arrondies, la volatilité annuelle du portefeuille est d’environ 16,64 %. Les pourcentages affichés sont arrondis à deux décimales, et ces résultats hypothétiques ne sont pas des allocations recommandées.
Pondération initiale du modèle, A
50,00 %
Pondération initiale du modèle, B
50,00 %
Volatilité initiale du portefeuille
14,14 %
Pondération révisée du modèle, A
30,77 %
Pondération révisée du modèle, B
69,23 %
Volatilité révisée du portefeuille
16,64 %
Interpréter le résultat
Une réponse précise peut dépendre de paramètres incertains
Le modèle réduit la pondération de A parce que sa variance estimée est maintenant plus élevée. Il ne sait rien de la qualité des entreprises, des rendements futurs ou de la situation d’un investisseur. Les rendements attendus n’entrent pas dans cet objectif particulier ; le résultat ne peut donc pas justifier l’affirmation selon laquelle le portefeuille révisé offre un meilleur rendement.
La volatilité minimale révisée est plus élevée qu’avant, même si les pondérations s’adaptent. C’est cohérent : modifier un paramètre modifie le problème lui-même. Les nouvelles pondérations minimisent la fonction de variance révisée parmi les combinaisons autorisées ; elles ne rétablissent pas l’ancienne estimation de risque et ne prouvent pas que le risque réalisé correspondra à l’une ou l’autre estimation.
Le cours de mathématiques de portefeuille de CVX explique les pondérations, la covariance et les modèles moyenne–variance sous contraintes. Notre exemple retient l’objectif plus restreint de variance minimale et un calcul explicite à deux actifs. Aucun solveur logiciel n’est nécessaire pour le suivre. D’autres objectifs ou contraintes définiraient d’autres problèmes d’optimisation et pourraient produire des pondérations différentes.
Limites et hypothèses
Ce que le calcul laisse de côté
La volatilité et la corrélation sont estimées, plutôt que des propriétés fixes. Des échantillons et des périodes de mesure différents, ainsi que l’évolution des marchés, peuvent les modifier. L’hypothèse de corrélation nulle est particulièrement forte : un mouvement conjoint positif augmenterait généralement la variance d’une combinaison donnée à pondérations positives par rapport à cet exemple. L’optimisation ne peut pas supprimer l’incertitude des paramètres en calculant davantage de décimales.
Les coûts de transaction, les impôts, les limites de liquidité et les restrictions sur certains actifs sont omis. Il en va de même des prévisions de rendement et des pertes que la variance ne résume pas utilement. Une solution mathématiquement admissible peut donc être peu pratique ou inadaptée hors du modèle. Le travail pédagogique consiste à repérer ces omissions et à examiner la sensibilité, plutôt qu’à traiter le plus petit chiffre calculé comme une décision complète.
Erreur fréquente
Transformer les pondérations du modèle en consigne
Présenter « 30,77 % dans A » sans les hypothèses masque le sens du résultat. Ce chiffre correspond à un objectif précis, deux estimations de risque, une corrélation nulle et des contraintes énoncées. Une explication claire conserve ces conditions à côté du résultat et distingue l’exactitude arithmétique du jugement nécessaire pour utiliser un modèle en pratique.
Démonstration facultativeExplorer la démonstration
Mathématiques facultatives : le minimum à deux actifs avec une corrélation nulle. Toutes les volatilités sont exprimées en décimal selon la même convention annuelle.
01
Écrire la variance en fonction de la pondération de A
Soit w la pondération de A ; celle de B est donc 1 − w. Une covariance nulle supprime le terme croisé. L’intervalle admissible est 0 ≤ w ≤ 1.
Formule
La variance est égale à w au carré multiplié par la variance de A, plus le carré de un moins w multiplié par la variance de B.
Pondération de A ; celle de B est 1 − w.
Volatilité annuelle ; les indices identifient l’actif.
La covariance est nulle par hypothèse.
02
Trouver le point stationnaire et le vérifier
La dérivation donne 2wσA² − 2(1 − w)σB² = 0. Sa résolution donne la pondération ci-dessous. La dérivée seconde est 2(σA² + σB²), positive pour nos paramètres. La solution est comprise entre zéro et un : c’est donc le minimum sous contraintes.
Formule
La pondération de A est égale à la variance de B divisée par la somme des variances de A et de B.
Initialement, 0,04 / 0,08 = 0,5. Après modification de A, 0,04 / 0,13 ≈ 0,307692.
Autoévaluation
Vérifiez votre compréhension
Pourquoi la pondération de A diminue-t-elle dans le modèle quand sa volatilité augmente ?
Sa variance contribue davantage à l’objectif. Sous les contraintes indiquées avec une corrélation nulle, le minimum se déplace vers B.
Une volatilité de 16,64 % plafonne-t-elle la perte annuelle possible ?
Non. L’écart-type mesure la dispersion ; ce n’est ni une limite de perte ni une garantie concernant les observations futures.
Pourquoi deux optimisations valides peuvent-elles donner des pondérations différentes ?
Des estimations, objectifs ou contraintes différents définissent des problèmes différents. Une arithmétique correcte ne rend pas leurs hypothèses interchangeables.
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Avertissement
À des fins pédagogiques uniquement
Cet article est fourni uniquement à titre informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.